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Des syndicats « Pôle emploi »

Par Bernard Biedermann,
le dimanche 22 janvier 2017

Ce qui suit est une suggestion qui sort des sentiers battus. Parmi les nombreuses réformes favorisant le retour à l’emploi, on pourrait lancer l’idée que les syndicats de salariés exercent des fonctions de placement sur le marché du travail. Les syndicats qui le souhaiteraient développeraient au sein de leurs organisations des services de placement, comme le font Pôle emploi ou des sociétés privées, et seraient rémunérés en conséquence.

Tout d’abord leur bonne connaissance des entreprises dans lesquelles ils sont présents, de la spécificité de la branche d’activité et de la situation des métiers sur le marché concerné constitue un véritable atout pour l’exercice de cette nouvelle activité.
Ensuite, ceci allégerait les charges actuelles de Pôle emploi qui connaît de grandes difficultés à atteindre ses objectifs, autant sur la quantité des dossiers à suivre, que sur les compétences nécessaires pour mettre en relation offreurs et demandeurs.

En 2014, 2,4 millions d’offres d’emploi ont été confiées à Pôle emploi et satisfaites selon ses propres chiffres. Compte tenu du nombre de collaborateurs de Pôle emploi (54.000), en 2014 un collaborateur de Pôle emploi a placé 45 salariés.
Il y a en France près de deux cents organisations syndicales, professionnelles ou non, représentant environ 8% des salariés. Ces chiffres donnent alors une indication de ce que les syndicats pourraient réaliser pour les salariés syndiqués ou non.

De bonnes informations relatives aux profils catégoriels recherchés par l’entreprise ainsi que le vécu des aspects RH sont un atout certain pour les syndicats. Ceci les positionnerait de manière favorable par rapport à des sociétés privées de placement comme Le Bon Coin, dont l’activité est avant tout le matching numérique entre l’offre et la demande. De son côté, le recruteur disposerait d’une information complémentaire concernant l’adhésion syndicale éventuelle du postulant et prendrait sa décision en connaissance de cause.

Du point de vue du code du travail, rien ne s’oppose à ce que des organisations syndicales exercent cette nouvelle activité d’ordre économique. Des activités non syndicales, voire politiques, sont aujourd’hui licites. Par exemple, la grève pour raisons politiques, même dans le cas où le Parlement et le Sénat traitent démocratiquement de ses raisons. Par ailleurs, certains syndicats jouent également un rôle de gestionnaire d’organismes fondamentaux pour les salariés : Caisses nationales d’Assurance-maladie, Caisse d’allocations familiales et d’indemnisation des chômeurs et de retraites.

En jouant le rôle d’un Pôle Emploi, les syndicats disposeraient en plus d’une meilleure compréhension des décisions stratégiques de l’entreprise et s’impliqueraient de manière plus responsable dans un syndicalisme constructif ; en 2017 on est en effet bien loin des trente glorieuses durant lesquelles, à cause d’une inflation d’anticipations, la fonction unique des syndicats était de rattraper les pertes continues de pouvoir d’achat.

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