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Davos détourné par les bureaucraties anti-croissance

Par Bernard Zimmern,
le mercredi 21 janvier 2015

Davos devrait être le rassemblement mondial du capitalisme tourné vers les politiques de croissance dont l’absence se fait tragiquement sentir dans la plupart des politiques publiques.
Il risque cette année de servir de plateforme de communication aux bureaucraties nationales et internationales pour accroître l’argent public qui les nourrit sous prétexte de plus d’égalité et de défendre la croissance, mais en réalité avec l’effet inverse.

Dans le sillage du succès remporté par les idéologues de gauche avec les impostures statistiques de Thomas Piketty & Co. (voir ci-dessous l’une des plus belles), les organismes internationaux qui vivent de l’argent public, l’OCDE, la Banque Mondiale, le FMI se sont coalisés pour faire diffuser dans l’opinion que les inégalités tuaient la croissance et convaincre nos dirigeants qu’il fallait plus de redistribution, que les états prélèvent plus sur les riches et reversent plus aux défavorisés.

Pour le FMI et Christine Lagarde, c’est compréhensible : Olivier Blanchard, le chef économiste du FMI, est depuis longtemps de gauche ; c’est lui qui a fait venir aux USA Piketty et Saez, frais émoulus de Normale Sup.

Pour l’OCDE et la Banque Mondiale, il semble qu’il s’agiisse de conversions plus récentes, quand ils ont vu l’aéronef des égalitaristes s’envoler et qu’ils se sont dit qu’il valait mieux se trouver du bon côté de la sébile pour leur carrière et l’argent qui coule sur leurs organisations.

Pour ceux qui auront le courage de lire le dernier rapport de l’OCDE sur inégalités et croissance, nous doutons qu’ils soient convaincus par des équations qui finissent par découvrir ce qui, au mieux, est un cheveu dans les paramètres de la croissance.

Il vaut mieux aller voir ce que dit le maître : les inégalités auraient augmenté aux USA ; cela est impardonnable en soi car, comme tout le monde le sait, les inégalités divisent la société.

Nous croyons au contraire que les inégalités sont l’ascenseur qui pousse les humains, notamment les jeunes à monter l’ascenseur social, à se dépasser, à créer de la richesse, à faire reculer le chômage et la pauvreté.

Le maître dit : ce sont les très hauts salaires, ceux des dirigeants du Dow Jones ou du CAC40 qui sont devenus fous, et ceux des hauts cadres dont le salarie n’est plus en rapport avec leur apport effectif à la société.

Comme toutes les affirmations de Thomas Piketty, c’est là où il faut gratter et vérifier.

Nous avions mis deux mois à trouver où était son escroquerie dans son ouvrage précédent « pour une révolution fiscale » [1], nous avons mis à peu près le même temps pour montrer qu’aux USA, le temple de la montée des inégalités, il y a bien montée, mais faible, et que celle-ci s’explique par le succès de ses entrepreneurs, pas par les salaires. (voir « Le point sur la montée des inégalités de revenu et de patrimoine aux États-Unis »).

Plus de 80% en effet de la montée de leur patrimoine se trouvent dans leurs investissements industriels, et notamment dans les très petites entreprises que dirigent les trois quarts d’entre eux, mais pas dans les salaires.

Ce qui gêne le plus les égalitaristes, ce sont les listes des milliardaires de Forbes qui montrent que les deux tiers d’entre eux ont créé leur fortune de leur vivant et que plus de 80% du patrimoine total des milliardaires aujourd’hui proviennent, non pas de la croissance de la fortune de ceux qui étaient déjà dans la liste de Forbes à ses débuts – la théorie de la rente chère à Piketty et Stiglitz -, mais de ceux qui y sont rentrés depuis.

Ceux qui sont au sommet n’y restent pas, mais c’est cette montée de tous ces entrepreneurs vers le sommet qui soulève la toile cirée des richesses vers le haut et a fait la prospérité des sociétés occidentales.

Dénoncer cette montée, c’est faire la guerre à tous ces entrepreneurs.

Demandez donc aux Français s’ils ne préfèreraient pas avoir deux fois plus de milliardaires mais aussi le taux de chômage des États-Unis ou de la Grande-Bretagne.

Il ne faut certes pas prôner les inégalités que l’on rencontre dans les dictatures des PVD. Mais, dans les pays occidentaux, faire la guerre aux inégalités ne sert que les bureaucraties qui en vivent.

Il faut savoir que la France est l’un des pays ayant le Gini, l’indice d’inégalité, le plus bas, mais que la part des prélèvements transférés des riches aux pauvres est environ moitié de ce qu’elle est aux USA, au Gini beaucoup plus élevé, et que la différence va dans la poche des fonctionnaires qui vivent de cette redistribution. (voir l’article joint sur « changer Bercy pour change la France »)

Il serait peut-être temps que les entrepreneurs de Davos s’inquiètent des statistiques et conclusions qui leur sont présentées par les organismes publics.

Ps. Dans la même veine, il faut citer la réplique de Marc Fiorentino dans sa newsletter à propos d’Oxfam :

« " Hier une des "news" du jour que tous les médias se sont précipités pour reporter était que "1% de la population mondiale détenait 50% des richesses mondiales". Chacun y est allé de son commentaire. Le problème c’est que personne n’a lu le fameux "rapport" qui soutient ces chiffres et personne n’est allé sur le site de l’ONG qui publie ces chiffres. Je l’ai fait. Et je vous conseille de le faire. Il s’agit de l’OXFAM dont la branche Française est une émanation d’ATTAC. Si vous avez le temps, lisez ce qu’ils écrivent des pays où ils interviennent : la Russie et Cuba sont des pays formidables, le Maroc une démocratie éclairée, Israël n’existe pas mais il y a un pays qui s’appelle "la Palestine occupée", etc. etc. C’est donc une étude aussi fiable que celle que pourrait faire la CGT sur la place des patrons en France. Mais comme tout le monde répète ce que tout le monde répète, sans creuser, c’est parfait. »

« Si vous voulez des données sérieuses, le rapport sur la pauvreté dans le monde de l’ONU : The millenium development goals report qui montre le recul spectaculaire de la population dans le monde qui vit en dessous du seuil de très grande pauvreté, le recul de la mortalité infantile, le recul de la malnutrition. La route est longue mais le monde s’améliore. »


[1Voir Les Echos du 31 mai 2011.

Messages

  • Merci de nous ouvrir les yeux une fois de plus, et les bons ! J'ai aperçu (plus que lu car l'information dans mon quotidien n'était accompagnée d'aucun commentaire) l'information sur le 1% de la population mondiale détenant 50% de la richesse mondiale et ai noté cette info dans un coin de ma mémoire. La source de cette info, que vous dévoilez, suffit à soulever la plus grande méfiance sur la véracité vérifiée d'un tel scoop.

  • L'argument de la liste Forbes est assez peu convaincante, elle concerne 0,00001% de la population mondiale.

    D'autre part, utiliser le fait que l'ordinalité change (ie que le premier passe 1er pas 10ème ou que le 100ème pas 1er, n'a pas grand sens car l'ordinalité peut changer alors que la cardinalité augmente (le 1er voit sa fortune augmenter mais moins que le 100ème). D'autant plus que parler de mobilité si celle-ci est une mobilité entre les 0,1% les plus riches n'a pas grand intérêt.....

    J'ai l'impression que l'auteur a troqué son esprit scientifique issu de polytechnique pour des diatribes idéologiques. La preuve en est lorsqu'il cite M. Fiorentino (sanctionné par l'AMF) qui n'apporte aucun argument sérieux mais se contente de rhétorique ad personam. Pas très sérieux pour un polytechnicien.

    • Avant d’utiliser des arguments qui satisfont peut-être votre idéologie mais ne sont fondés que sur du vide, renseignez-vous et ouvrez le travail que nous avons publié sur www.irdeme.org. Vous y verrez que le 1% des plus riches est exactement dans le même cas que les milliardaires de Fortune. J’espère que ceci vous aidera, si c’est possible, à sortir du lavage de cerveau. Bien à vous. bz

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