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Christine Demesse, en déséquilibre ?

Par Bernard Zimmern,
le dimanche 17 avril 2016

Christine Demesse est ancienne élève de l’ENA promotion 1982, dirige un cabinet de conseil qu’elle a fondé et est présidente de l’AAEENA, l’association [1] des anciens élèves de l’ENA.
En déséquilibre, Christine Demesse ?

À voir le torrent d’accusations à peine motivées qu’elle déverse sur Agnès Verdier-Molinié dans le dernier numéro de « l’ENA hors les murs », la revue mensuelle de l’association, à la suite d’un article d’Agnès dans Le Point, on ne peut que s’interroger.

Sous un certain angle, il faut la comprendre car elle est la première énarque du secteur privé, à assumer cette présidence.

Expliquons : au tout début, la présidence de l’association était assumée par des hauts fonctionnaires, notamment Inspecteurs des finances, l’un des trois grands corps de l’État sur lesquels débouche l’ENA. Mais, vers la fin des années 70, ces inspecteurs se sont dit qu’ils étaient trop visibles et qu’il leur fallait moins apparaître, d’où l’idée de faire nommer à la tête de l’association un vulgaire, pardon, commun, agent ordinaire de l’administration.

C’est ainsi que je me suis retrouvé à rencontrer sur les plateaux de télévision Arnaud Teyssier, du ministère de l’Intérieur, qui, au nom de l’ENA, en célébrait les 60 ans au moment où, sous la pression de nos lecteurs, je sortais « le dossier noir de l’ENA », un ouvrage fortement documenté sur les désastres qu’a engendrés cette formation en stérilisant en grande partie l’élite de notre jeunesse.

Comme les manifestations contre ces désastres devenaient trop visibles, les anciens élèves se sont avisés qu’il serait préférable d’avoir comme représentant, non pas un homme mais une femme, et qui, de plus, soit employée dans le secteur privé, pas un infâme du secteur public.
Christine Demesse en a donc accepté la charge qui, je l’espère, n’est pas trop lourde pour elle, mais est peut-être utile quand on appartient au secteur privé.

Si un ancien peut se permettre un avis, c’est celui de mieux articuler sa défense avec des arguments mieux construits, l’éructation ne faisant que mieux souligner le déséquilibre des positions prises.

Puis-je courtoisement lui suggérer, à elle qui reproche par ailleurs à Jean-Christophe Fromantin de ne pas connaître la valeur enrichissante des stages, de lire « la promotion ubu-roi » (Olivier Saby. Flammarion) qui dessillent les yeux des plus croyants sur les stages à l’ENA.

Je perds probablement mon temps car, étonné par la prise de position sur le réchauffement climatique strictement alignée sur le Quai d’Orsay d’une revue de l’ENA ignorant totalement les climato-sceptiques, je lui avais adressé une lettre le 2 mars 2015, sans autre effet qu’une réponse de pure forme.

En tous cas, le flot d’éructations qu’elle signe dans le dernier numéro est rassurant : il prouve que l’article d’Agnès Verdier-Molinié a porté.

On peut donc espérer que finira par disparaître (comme souhaité d’ailleurs par tant d’illustres figures comme Jean-Pierre Chevènement, Laurent Fabius, Jacques Chirac, etc.) l’enfant de Maurice Thorez – puisque c’est lui qui dirigeait la Mission provisoire de réforme de l’administration, placée auprès du chef du gouvernement, alors le Général de Gaulle, qui prépara la naissance de l’ENA, un Maurice Thorez, vice-président du Conseil et secrétaire général du Parti communiste français.

Il faut au passage saluer la vision à long terme des communistes qui, à travers les syndicats, l’éducation et la déstructuration des cerveaux des jeunes via le plan Langevin-Vallon, la prise de contrôle de l’administration et de la fabrique de la loi par l’administration en infectant les cerveaux à Sciences Po par l’Observatoire des inégalités, ont su si bien saper les fondements de notre démocratie française.

On peut cependant craindre que cet effondrement ne se fasse que sous la chute des décombres de notre cher pays.

Bernard Zimmern


[1Une association dont l’absence de soucis financiers grâce aux publicités que les entreprises financent dans la revue ou l’annuaire, et l’absence de soucis écologiques (pour le bois et la forêt) se traduisent par un annuaire qui avec seulement un peu plus de 5.000 noms, pèse beaucoup plus que celui de l’X avec plus de 20.000.

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