Emploi 2017

Des chefs d’entreprises au service de l’emploi

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Cancer de l’étatisation : peut-on arrêter les métastases qui se développent ?

Par Yves Buchsenschutz,
le dimanche 2 avril 2017

L’enjeu majeur de la présidentielle qui arrive, voire des suivantes, sera l’emploi. Et immédiatement derrière… l’étatisation. Trop dépensier, l’État plombe le développement des entreprises, mais aussi l’initiative des individus restreints à la portion congrue car il confisque les deux tiers de leur pouvoir d’achat [1]. Le pire, c’est que cela continue de s’aggraver… chaque jour qui passe.

L’emploi est une évidence pour tout le monde. Mais le rôle de l’État dans cette affaire est un peu plus subtil : il tente depuis des décennies de créer lui-même l’emploi alors que son véritable objectif devrait être la mise en place d’un cadre favorable. La question devient donc : comment limiter le rôle de l’État ? et les bons esprits ne manquent pas de demander sournoisement : alors, que supprimez-vous ? Avant de supprimer, ce qui sera aussi nécessaire, on pourrait déjà tenter d’arrêter.

En ce qui concerne les particuliers, voici la liste des nouvelles mesures venant officiellement charger la barque à partir du 1er janvier 2017 :

• Smic (+ 0,93 %) ;
• Plafond de la Sécurité sociale (+1,6 %, pourquoi supérieur au SMIC ?) ;
• Tiers-payant (calendrier de généralisation) ;
• Divorce (autorisation de divorcer sans juge : on peut donc aussi simplifier !) ;
• Congé de proche aidant (extension donc coût et difficulté) ;
• Loi Travail (CPA-CPF-C3P et CEC : pas moins de 4 comptes créant de nouveaux droits aux dépens de l’entreprise ! Qui paiera le travail des Shadocks ?) ;
• Prélèvement d’organes (il faut désormais indiquer que l’on est contre, qui va gérer ?) ;
• Copropriétés (nouveau registre et fiches) ;
• Isolation des bâtiments (extension des obligations) ;
• Infractions routières ;
• Vitres teintées et pièces détachées des véhicules (il faut désormais en fabriquer d’occasion !) ;
• Bonus-malus (encadrement et durcissement du fonctionnement) ;
• Carte mobilité inclusion ;
• Paquets de cigarettes ;
• Étiquetage sur l’origine des viandes et du lait (pourquoi seulement de ces produits ? on pourrait par ailleurs penser qu’un produit mis sur le marché est conforme à la réglementation ! à quoi sert la DGCCRF ?) ;
• Prix du timbre (+ 6,3 % et 4,3 %, l’inflation s’envole !) ;
• Tarifs du gaz (+ 5 %) ou encore des taxis (plus modulé) ;
• Et pour couronner cette liste de changements non exhaustive mais quasiment toujours à la hausse : augmentation du point d’indice des fonctionnaires de 1,2 % !!!! (pour ceux qui l’ignoreraient c’est une augmentation générale “cadeau” aux membres des fonctions publiques qui s’ajoute aux promotions, etc.)
(voir service-public.fr pour le détail)

Concernant les entreprises, une rubrique spécialisée est ouverte sur le même site comprenant au minimum une quinzaine de mesures.

Par ailleurs, depuis cette date, ne pensez pas que la pluie ait cessé de tomber :

• Le 1er janvier encore, bonification de 25% pour l’aménagement des douches pour les seniors, pouvant atteindre 2.500 euros ;
• Le 13 février, publicité Decaux à Paris pour glorifier et remercier le personnel de la mairie ! (payée par et pour qui ? Remerciez-vous tous les matins votre boulangère de bien vouloir vous vendre du pain ?) ;
• Le 16 février, création d’une subvention de 200 euros par personne majeure pour l’achat d’un vélo électrique (VAE) (si 30 millions de personnes majeures et valides s’y mettent, cela pourrait coûter 6 milliards ! Sans compter les systèmes de chargement, la gestion et les personnes morales) ;
• Le 17 février, constat que le ferraillage de la taxe poids-lourds a coûté plus d’un milliard ;
• Le 18 février, révélation de versements de primes de retraite « illégales » à la caisse des dépôts (45 millions !). À noter que la Cour des comptes a déjà épinglé le port de Marseille, le muséum d’histoire naturelle, etc. ;
• Le 23 février, mise en place des certificats d’économies d’énergie CEE via les professionnels ;
• Le 24 février, prime d’économies d’énergie (40% de la population potentiellement bénéficiaire) ;
• Le 28 février, le contribuable parisien est informé que Paris est très en deçà des quotas de 25 et 30% de logements sociaux. Pour remédier à cet état de fait, tout programme immobilier à Paris doit comprendre 25% de logements « sociaux », lesquels sont financés par le reste du programme ! Sans compter les rachats de logements « vacants », préemptés et reloués à perte ;
• Le 10 mars, mise en place d’un simulateur d’aide sociale : comment en sept minutes évaluer mes droits parmi 24 aides possibles ;
• Le 12 mars, attribution préférentielle des logements aux bien votants (éloge de la mixité) ;
• Le 14 mars, fin progressive des lapins en cage (européen) ;
• Le 21 mars, évolution prévue des critères du logement décent (c’est comme cela que les HLM deviennent hors de prix et présentent un confort supérieur à celui de la moyenne des Français !) ;
• À partir du 15 mars, mise en place de l’IRPP à la source (doublement à triplement de l’établissement administratif de l’impôt) ;
• Le 22 mars, casque obligatoire pour les enfants à vélo jusqu’à 12 ans (décision européenne !) ;
• Et toujours la politique incroyable du logement intermédiaire et 80% des parisiens susceptibles d’être éligibles à une aide au logement sans le savoir (site de la mairie de Paris dès 2016) ;

• Le 17 mars, l’État fait école : EDF met en place une prime de compensation à la chute de l’intéressement aux résultats qu’elle n’a pas atteints ! ;

• Mois de Février, Monsieur Macron, candidat, propose de supprimer la taxe d’habitation pour 80 % des Français : je croyais qu’il y avait 14% de pauvres, ce qui est déjà trop ! (je sais maintenant que nous sommes 80% de pauvres, l’assiette de l’impôt rétrécit à vue d’œil ! Pourvu que les 20% ne partent pas !)

On pourrait compléter et continuer longtemps… Une remarque de bon sens : comme jusqu’au 1er janvier 2017 nous avions survécu sans toutes ces mesures, il est certain que nous aurions pu continuer sans les prendre ou les appliquer. Question de choix et de volonté. On aura noté qu’il y en a pour plusieurs milliards et ceci sans compter les frais de mise en place, de gestion, de mise à niveau de normes, de suivi et de fonctionnaires « animateurs ».

Conclusif : même s’il y a un tri intelligent (mais extrêmement sélectif) à faire dans tout ce fatras, il est possible et souhaitable de stopper le cancer étatique. Ce serait déjà un vrai premier pas de fait, et qui sait, cela pourrait créer une bonne habitude et ouvrir de nouvelles perspectives. Sinon, l’État subventionnera bientôt les glaces à la fraise, cultivées à Plougastel, pour freiner la consommation de la glace au café importé du Brésil.

PS : j’ai oublié dans le listing, que vous pouvez vous procurer 5 ampoules LED gratuites.


[1Si vous doutez de cela, je ne peux que vous renvoyez à l’excellent article de l’IFRAP du 16 mars 2017 : « Ce que la France ne doit pas revivre »

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