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Billet d’humeur sur l’intelligence de l’État

Par Jacques-Charles Flandin,
le dimanche 11 décembre 2016

Quand nous lisons que l’État a décidé de faire… que l’État va acheter… que l’État va sauver… que l’État va… On peut se poser une question ingénue : mais, l’État, qui est-ce ? Quel est cet ectoplasme ? Qu’on nous le montre donc cet État qui n’est en définitive que le résultat de décisions prises par des individus ordinaires, sauf qu’ils sont dans une position où ils deviennent complètement irresponsables…

Chacun selon ses opinions politiques va crier : l’État, c’est Sarkozy… ou bien : l’État, c’est Hollande… D’aucuns moins ambitieux, vont se contenter de dire : mais non, l’État, c’est Ségolène ou c’est Jean-Pierre ou encore Valérie… Il y en a même qui diront que l’État n’existe pas ou qu’il est accaparé par les syndicats (patronaux de préférence) ou les archéo-révolutionnaires… Bref, il n’existerait plus que dans les fantasmes de ceux qui fuient leurs responsabilités…

Mais, lorsqu’on lit ou écoute, l’incertitude nait, car, qu’a dit le chœur des candidats à la primaire de la droite ? Sauf exception, ils ont dit unanimement qu’il faut réduire le train de vie de l’État et que cela ne peut se faire que par une réduction du nombre de fonctionnaires ou par une augmentation de leur temps de travail. Pour certains, on ira même jusqu’à indiquer des secteurs ou des pourcentages, tous moins précis les uns que les autres… Il est vrai qu’il ne faut pas trop effaroucher l’électeur, il serait capable d’aller voter pour un concurrent…

On lit ou entend dans les medias dont on nous sature, que l’État va dépenser 700 millions d’euros pour « sauver » 480 emplois alors que l’entreprise employeuse ne souhaitait pas licencier les salariés, mais simplement les déplacer de moins de 200 kilomètres d’ici deux ans, ce qui n’aurait sûrement pas coûté 7.000 euros par salarié et par kilomètre (480 x 200 = 96.000). Alors, bien entendu, l’horrible patron s’est empressé de dire qu’il n’avait plus de commandes et le généreux État a décidé de faire rouler des TGV à la vitesse des trains de banlieue pour justifier des besoins jusque-là inconnus…

Mais, si l’État l’a dit, c’est que c’est bon et tant pis pour les impôts que les citoyens auront à payer ou pour la planche à billets que le prochain gouvernement fera tourner. Ce qui peut être néanmoins contrariant, c’est que celui qui signera le bon de commande ne sera jamais mis en examen pour utilisation abusive des biens publics à des fins privées. D’ailleurs, même si par un hasard extraordinaire, cela arrivait, de procès en appel suivis de cassation, belote et rebelote, ces trains seront mis à la ferraille pour obsolescence avant que les coupables ne soient condamnés (avec sursis, bien évidemment).

Autre exemple notable : on lisait le 3 octobre que « l’État va dépenser 22 millions d’euros pour préserver les loups ». Le journaliste ajoute benoîtement que l’État (toujours lui) n’autorisera que l’abattage de quatre individus sur les quelque 200 vivant dans notre beau pays. C’est-à-dire que l’on va dépenser 22 millions d’euros pour conserver 196 loups et en identifier et abattre 4. Encore une fois, on se demande si quelqu’un n’est pas tombé sur la tête car à 5 millions et demi d’euros le loup tué, cela va faire beaucoup de moutons sauvés…

Et c’est ainsi que l’électeur moyen finit par voter pour l’ineffable Donald. Ce dernier promet la Lune mais se moque de celui qui regarde dans la direction qu’il indique : c’est le doigt qu’il faudrait regarder car c’est le doigt qui signe les lois et les décrets…

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