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Banques : des monstres froids et rapaces qui brutalisent les petites entreprises

Par Hieronymus,
le dimanche 18 juin 2017

Le financement participatif serait parfois la seule planche de salut face aux comportements de banques… cyniques et sauvages. En réaction à notre article pointant les faiblesses du crowdfunding, un entrepreneur témoigne et nous fait part de son analyse :

« Le financement participatif pallie le refus des banques de prendre un minimum de risques quand il s’agit de TPE, voire de PME. Prêter des milliards à la Grèce à fonds perdus - mais pas pour tous - les intéresse visiblement plus que d’avancer 10.000 euros à une jeune pousse. Conseil en propriété intellectuelle (PI) indépendant, j’ai vu plusieurs entreprises devenir mes clients parce qu’un financement participatif leur avait permis de financer, entre autres, la protection de leurs marques ou d’autres droits de PI. On doit être conscient que la "mode" et de réelles réussites du financement participatif sont notamment dues à la défaillance des banques, lesquelles sont perçues par les petites entreprises (après des expériences amères et répétées) comme des monstres froids et rapaces dont on ne peut rien attendre de bon. Même si le financement participatif n’est pas la panacée, il n’en reste pas moins dans certains cas le seul moyen de démarrer un projet, lequel sera parfois à l’origine d’une entreprise.

Aussi, tout en partageant votre approche libérale de l’économie et vos critiques de l’étatisme français, j’aimerais lire des - car il y a de quoi faire des livres - articles sur l’attitude néfaste des banques vis-à-vis des TPE et des PME, comme le montrent les quelques exemples suivants :

> coût croissant du moindre service (ex : facturation à un prix dément d’attestations basiques et standards à fournir dans certains cas) en ce qui concerne mon cabinet français ;

> aucune rémunération de l’argent en dépôt sur les comptes de ma société alors que je n’ai jamais été à découvert depuis sa création il y a bientôt cinq ans ; le plus "beau" est de me faire payer des frais pour caution sur un dépôt bloqué de 7.300 euros constituant une garantie financière exigée dans mon métier, sans par ailleurs rémunérer ce dépôt qui contribue pourtant à alimenter la trésorerie de la banque ;

> facturation croissante de frais imaginaires ; par exemple, le mois dernier, "ma" banque m’a prélevé 90 euros pour "frais d’actualisation juridique de votre dossier" : bien évidemment, en dépit de mes demandes instantes, la banque est incapable - et pour cause - de m’expliquer à quoi ceci correspond ;

> refus de consentir à toute aide élémentaire, ce qu’a vécu un ami dont l’entreprise a toujours été saine financièrement depuis des années : une fois, devant verser à une URSSAF quelconque une avance d’un montant inhabituellement élevé, ce qui lui créait un problème de trésorerie ce mois-là, cet ami a demandé un découvert exceptionnel (en fournissant toutes les explications utiles) et temporaire pour le mois concerné ; il essuya un refus brutal et sans appel de la banque et dut puiser dans ses économies personnelles pour assurer ce dépannage. C’est une belle application du dicton populaire "Quand on a besoin de rien, il (elle) est là" !

> absence de réelle concurrence entre les banques : ceux qui vous disent "vous n’avez qu’à changer de banque" ne connaissent pas le problème ; je me suis renseigné de manière assez approfondie et peux affirmer que, pour une petite entreprise, la seule conséquence assurée d’un changement de banque est un affreux désordre dans les relations avec les clients, créanciers et administrations, soit des heures de travail seulement pour éviter des catastrophes. Et lorsqu’une banque propose un "paquet" a priori intéressant, il arrive que ce produit soit mal ficelé ou encore qu’il soit supprimé 2 ou 3 ans après. Le parjure est d’ailleurs un composant essentiel de l’attitude de maintes banques vis-à-vis de leurs "clients"...

Bref, en France, le rapport de forces entre les banques et les TPE et PME est totalement déséquilibré, ce qui est économiquement néfaste : on est là typiquement dans la perversion du libéralisme, à savoir la liberté du renard dans le poulailler. Curieusement, je ne vis pas la même chose en Suisse où j’exerce aussi une activité professionnelle économiquement modeste : ma banque ne me matraque pas, tout en étant un énorme groupe autant intéressé par le profit - chose parfaitement normale - que "ma" banque en France.

Il serait intéressant de savoir si mon impression reflète la réalité comparée des deux pays et, dans l’affirmative, pourquoi il en est ainsi, et quels remèdes on pourrait envisager pour limiter en France cette brutalisation des TPE et PME par les banques.

Penser aux banques, me rappelle ce mot de Châteaubriand : « Il y a des temps où l’on ne doit dépenser le mépris qu’avec économie, à cause du grand nombre de nécessiteux. » »

Messages

  • La finance et l’entreprise sont aussi estimables que le chirurgien et le médecin. Mais il faut bien convenir qu’il vaut mieux vivre dans les domaines de compétences du médecin et de l’entreprise qui soignent que d’en être réduit tailler/sabrer ce que font, par absence d’autres solutions, financiers et chirurgiens. Oui, un soutien de trésorerie par ci, une incision par là pour augmenter un débit, sont éminemment salutaires. Mais amputer une jambe ou abandonner une ligne de produit pour sauver l’essentiel n’a rien de satisfaisant. C’est du domaine du courage lorsque que c’est géré avec compétence et humanité !

    La cupidité ou l’incompétence de certains financiers dévoient très facilement l’action financière de même que certains chirurgiens s’engagent goulument dans de nouvelles techniques qu’ils n’ont pas pris le temps et le soin de maîtriser....

  • pour décider, définir, choisir, orienter, soupeser, décortiquer, concrétiser, appuyer, acquiescer, majorer, enrichir le projet d’une entité manufacturière (à l’exclusion des "marchandes") PMI/TPI/ARTISAN/AGRI-AGROALIMENTAIRE seuls une assemblée de pairs peut se saisir du problème de financement d’un "collègue" (en ayant pris soin d’exclure ses concurrents directs/indirects) ni banquiers, ni l’état à travers ses ponxtionnaires n’est habilité, ne justifie des qualités requises pour comprendre, appréhender, saisir, s’imprégner, imaginer et enfin attribuer un quelconque prêt au solliciteur au potentiel réel ou supposé.
    Quant aux marchands, ils n’ont qu’à se débrouiller autrement . . .

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