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ALUR : le gouvernement veut-il vraiment simplifier ?

Par Bernard Zimmern,
le dimanche 15 juin 2014

Presque chaque jour, pour ceux qui suivent les règlements administratifs qui continuent de pleuvoir sur notre pays, on se demande si les grandes déclarations sur la simplification sont plus que de la « com », si le gouvernement a encore une prise sur son administration.
Un récent exemple dérivant de la loi ALUR, présentée par la ministre Cécile Duflot, concerne les compromis signés pour l’acquisition d’un bien immobilier.

Le compromis est l’acte qui engage l’acquéreur vis-à-vis du vendeur [1] et permet aux notaires de préparer l’acte final de vente.
Il est important tant pour l’acquéreur que pour le vendeur de franchir cette étape qui est l’étape clé du transfert de propriété immobilière.

L’une des grandes justifications utilisées par les administrations pour s’immiscer dans la vie des Français est d’assurer leur protection sous les prétextes les plus variés. Sur ce point, la loi ALUR n’a pas failli en protégeant notamment l’acquéreur par une obligation de divulgation de documents sur la vie antérieure du bien.
Dans une propriété immobilière dont les propriétaires avaient beaucoup changé, il a fallu attacher quelque 1.500 pages de documents au compromis pour respecter la loi. Or, les logiciels des notaires sont prévus pour contenir au maximum quelques centaines de pages, environ 300. Au-delà, il faut revenir à la préparation manuelle, d’où un coût accru pour les notaires, et des délais de signatures de compromis allongés de plusieurs semaines.
Et Cécile Duflot, pourtant une ancienne élève de l’ESSEC, voulait contribuer à résoudre la crise de l’immobilier ?
Le gouvernement Valls a déclaré qu’il souhaitait corriger les imperfections de la loi par les décrets d’application.
Mais c’est au niveau de la préparation des lois qu’il faut préparer la simplification.

En principe, toutes les lois non financières doivent être précédées d’une analyse d’impact.
Celle-ci a bien eu lieu mais dans ce document, nous avons cherché en vain une évaluation de son coût pour la société civile.

Nous avons là un problème de représentation de cette société civile qui n’est pas ou n’a pas su s’organiser pour être plus présente dans l’élaboration de tous les rapports qui pourtant la concernent.


[1Il existe une autre formule, moins définitive, qui est la promesse de vente.

Messages

  • S’il y a bien un marché qui obéit à la loi de l’offre et de la demande, c’est bien celui de l’immobilier. Et ceci comme à court et long terme. Le problème est que les gouvernements successifs depuis la guerre ont voulu permettre à tout le monde de devenir propriétaire, même quand on n’avait pas d’argent, et de protéger les locataires tout en freinant les possibilités de construction (POS etc ....). Il y a 40 ans, il existait des société d’investissements immobiliers, voire des compagnie d’assurances : las, devant le déséquilibre organisé entre bailleurs et locataires, elles se sont retirées du marché. Les bailleurs privés, même dopés au Scellier ou Duflot font de même. Conséquence : on ne construit plus et la rareté et la hausse s’installe. La concurrence dévoyée des HLM a encore accentué le phénomène. La loi ALUR qui déséquilibre encore un peu plus le marché ne fera qu’accentuer tous ces phénomènes à vrai dire normaux : pourquoi investir dans un bien qui ne rapporte rien et que de plus on ne peut pas récupérer.

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