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Absence de données sur les emplois créés en France

Par Valérie Pascale,
le dimanche 8 juin 2014

Les études sur les créations et les destructions d’emplois qui existent dans les autres pays permettent de prendre conscience et d’avoir la vision réaliste du problème de l’emploi. En France, seuls les chiffres sur le nombre d’entreprises créées ? dont nous pouvons toujours discuter la fiabilité ? existent et servent souvent à masquer le problème du manque de créations d’emplois et à atténuer les chiffres désastreux du chômage.

Comme le note l’OCDE dans sa dernière étude, dont nous avons félicité récemment l’initiative, malgré toutefois, le problème de fiabilité des chiffres pour la France, les statistiques sur les créations et les destructions d’emplois sont indispensables pour bien affronter le problème du manque d’emplois et d’accroissement du chômage :

« In particular, it is important to have a clear picture not only of aggregate changes in employment, but also of the gross flows (gross job creation and gross job destruction), as these provide a much richer picture of the dynamics underlying aggregate net job creation figures and of the margins of adjustments in the economy (e.g. whether lower employment is due to lower creation or higher destruction). This additional information is crucial when designing policies to tackle low employment rates » [1].

Comme nous le savons par ailleurs, l’INSEE ne publie plus les chiffres concernant les disparitions d’entreprises – et bien évidemment d’emplois – depuis 1998. Comme les fichiers annuels du stock d’entreprises françaises ne sont pas à jour, ceci ne permet pas d’effectuer les calculs du nombre d’entreprises disparues par soustraction. La seule étude de l’INSEE sur le sujet en question qui existe est celle de Claude Picart qui indiquait en 2008 que les entreprises en activité perdent annuellement près de 700.000 emplois, auxquels s’ajoutent 300.000 emplois disparus dans les entreprises en cessation d’activité, pour un total de 1.000.000 emplois qui disparaissent chaque année dans l’économie française.

Bien évidemment, les créations d’emplois par les entreprises nouvelles – car elles seules créent des emplois puisque toutes les autres en moyenne en détruisent – peuvent compenser les disparitions d’emplois dans l’économie, puisque l’on parle de la destruction créatrice. Mais nous n’avons aucune statistique officielle diffusée par l’INSEE qui pourrait nous éclairer sur l’état de la création d’emplois par les entreprises en France. Contrairement aux États-Unis ou au Royaume-Uni où les services nationaux de statistiques sont chargés de tenir des bases sur toutes les entreprises employeuses en décomptant régulièrement les créations et les disparitions d’emplois dans ces entreprises, il n’existe aucune base similaire pour la France, d’où la désinformation totale de nos politiques et depuis quelques temps même d’organismes internationaux comme l’OCDE et Eurostat.

La note [2] préparée par le Bureau of Labor Statistics américain souligne bien le fait que les données de haute qualité tenues dans les bases longitudinales sur les créations et les destructions d’emplois sont indispensables pour toute analyse des flux d’emplois et des causes du chômage.

En l’absence de ces données, nos politiques ne comprendront jamais, au travers des chiffres publiés par l’INSEE concernant le nombre d’entreprises créées chaque année, que depuis 20 ans nous ne créons que des entreprises fantômes sans salariés. Les chiffres sur les créations d’entreprises sont insuffisants pour aborder le problème du manque de créations d’emplois. Seules les données sur les créations d’emplois par les entreprises employeuses comptent et peuvent dévoiler le désastre de la création d’emplois en France.

Source : IRDEME

[1OECD Science, Technology and Industry Policy Papers N° 14, page 8.

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