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2,5 euros la piqûre, j’ai honte

Par Bernard Zimmern,
le mercredi 14 décembre 2016

2,50 euros pour une piqûre antigrippale, 25 euros pour une consultation médicale, j’ai honte.

Cela fait des années que sont dénoncés les tarifs pratiqués par la Sécurité sociale pour le paiement d’actes médicaux qui font que l’heure de travail d’un médecin ayant fait une dizaine d’années de formation vaut moins cher que celle de la plupart des métiers manuels qui demandent seulement quelques années d’apprentissage.

L’un des résultats inconnus est que cela contribue à la fraude : ne cite-t-on pas des cabinets ou les patients se présentent à la chaîne et auxquels on délivre une ordonnance signée du médecin après une simple interrogation par un ou une assistante sans rencontre avec le médecin.

Il n’est pas admissible que cela continue et que persiste un système d’où le contrôle est quasiment absent parce que trop centralisé.

La seule solution pour revaloriser le travail des soignants est de confier leur paiement à des assurances privées qui sauront faire la chasse à tous les administratifs qui sont à l’heure actuelle les seuls bénéficiaires d’un système de santé qui ne cesse de reculer, tant pour la qualité des soins que pour l’égalité des chances dans les comparaisons entre pays européens.

C’est ce qui a permis aux Néerlandais de se placer en tête de ces classements depuis la réforme courageuse qu’ils ont entreprise en 2006.

C’est en 1981 qu’un François Mitterrand entreprenait de multiplier par 10 les administratifs dans les hôpitaux de façon à se constituer une clientèle électorale.

Aujourd’hui, l’efficacité des hôpitaux est diminuée de près de moitié par les administratifs qui paralysent son bon fonctionnement. C’est pourquoi la convergence de la tarification des actes entre hôpitaux publics et cliniques privées, l’Arlésienne des politiques de santé, n’a cessé d’être reportée pour disparaître sous le dernier gouvernement socialiste.

Rappelons pourtant qu’en nombre d’actes comme en niveau de complexité, les cliniques privées sont à peu près équivalentes aux hôpitaux publics mais pèsent entre deux et trois fois moins en coût dans le budget national de la santé. C’est ce que l’on constate dans la comparaison des tarifications à l’activité (T2A) où pour le même acte chirurgical, les tarifications accordées peuvent varier d’un facteur au moins un à trois entre cliniques privées et hôpitaux publics.

De même que l’école publique ne se redressera que sous la pression de la concurrence de l’école privée, de même la qualité de la santé et l’égalité devant ses charges ne se redresseront que le jour où les dépenses de santé - en dehors des dépenses de solidarité qui doivent être assumées par le budget - seront couvertes par des assurances privées dès le premier euro.

Il faut que la France, avec le prochain gouvernement, transfère les dépenses qui couvrent actuellement les administratifs, et notamment toute la bureaucratie de la Sécurité sociale, vers les opérationnels en revalorisant leur rémunération et leur carrière.

Messages

  • La fraude est en effet un aspect indirect non négligeable, la multiplication des actes et examens, et visites de contrôle ou de routine s’y ajoute sûrement. Mais aussi cela rend les médecins d’autant plus sensibles aux "contrats d’étude" ou d’expertise, payés par certains labos, ou à la ROSP (Rémunération sur objectifs de santé publique), négation de la médecine libérale : parmi les critères de cette prime qui atteint, nous dit-on, 8000 euros par an, outre les dépistages, la vaccination contre la grippe dans la population-cible... Et il est question de faire entrer les vaccinations pédiatriques parmi les critères... Et la santé dans tout ça ?

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