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1715

Par Bernard Zimmern,
le mercredi 17 décembre 2014

1715 est l’année de la mort de Louis XIV, la fin d’un règne qui marqua l’une des apothéoses de la civilisation française, notamment dans les lettres et l’architecture. L’anniversaire de son tricentenaire est peut-être l’occasion de réfléchir à ce que peut être l’avenir de notre pays et son rôle dans le monde.

Ne parlons pas de la francophonie : à travers une large étude de la diplomatie française de Nicolas Lecaussin en 2007, des études de l’iFRAP sur la CCE devenue la CFD puis l’AFD, un coût de près de 10 milliards par an supervisé par un Inspecteur des Finances, un gâchis d’argent public si même il ne desservait pas les pays « aidés », l’enseignement du français à l’étranger par l’AEFE que nous pouvions opposer à travers les rapports de la Cour des comptes à l’efficacité du British Council, il est clair que la francophonie a été trahie par nos politiciens et nos administrations.
Il n’est donc pas étonnant que le français recule et qu’il ait disparu d’Égypte, des pays nordiques, de l’Europe de l’Est, etc. Il ne figure même pas dans les bulletins de vote (obligatoire) d’Australie alors qu’y figurent des bulletins en croate, grec, allemand bien sûr.

Ne regardons pas le passé et demandons-nous seulement quels sont les fils qui vont tisser notre avenir.

Celui de l’égalitarisme dont l’économie française est la première victime et qui nous donne la place peu envieuse d’être le premier des grands pays occidentaux par le chômage, n’est pas la monnaie dont semblent vouloir se payer le reste du monde. Comme l’a rappelé Emmanuel Macron, les Chinois encouragent leurs citoyens à s’enrichir et le grand nombre des milliardaires n’est pas un problème car ils appartiennent tous au Parti. Le Fraser Institute du Canada plaçait les inégalités comme l’une des moindres préoccupations des Canadiens, citée en tête par seulement 6% des enquêtés. Les États-Unis viennent par leurs élections de novembre 2014 de notifier qu’ils n’allaient pas se laisser aller aux chimères de Piketty & Co. Comme nous l’avons relaté, le CBO, le Congressional Budget Office américain notait que la redistribution avait considérablement augmenté sous Obama mais que les revenus de la classe moyenne avaient diminué et que c’était cet échec-là qu’avaient sanctionné les lourdes pertes des Démocrates en novembre.

La seule victime de l’égalitarisme nous semble être jusqu’à présent le pays qui s’est laissé aller à écouter ses idéologues économistes : la France.

Mais pour en sortir, pour donner des emplois à nos chômeurs et à nos jeunes, il va nous falloir redécouvrir les vertus de l’inégalité, redécouvrir que celle-ci n’est pas un vice mais la conséquence de la recherche de l’excellence et de l’innovation, que les inégalités ne sont pas issues d’une spoliation ou d’une hérédité mais de la création d’entreprises et de la prise de risque.

Difficile reconquête car il est devenu ringard de vanter la concurrence et le marché.

Difficile reconquête quand, avec l’opulence dans laquelle sont nées les nouvelles générations, s’enrichir n’apparaît plus comme un idéal, une ambition qui attire les jeunes et que ceux-ci sont plus attirés par le nihilisme des Brigades Rouges et Mai 68 ou, maintenant, par la révolution de l’ordre établi au nom du Coran, incarné dans Al-Qaeda et ISIS.

C’est probablement l’obstacle le plus difficile vers un renouveau français : la bataille serait facilement gagnée si elle restait purement rationnelle.

Mais dans notre monde, après le Siècle des Lumières et sa découverte de la raison, la foi et l’idéologie sont redevenus les grands moteurs de l’humanité et il nous reste à transformer la recherche de la richesse et de l’excellence en un combat pour la grandeur de l’homme et de notre civilisation française, si bien incarnée par le Grand Siècle.

Messages

  • Votre commentaire à l’occasion du rappel de 1715 agit comme un tonifiant sur l’esprit, qui fait plaisir à lire. Il sonne comme un appel au réveil d’une France endormie, léthargique, passive, largement entretenue par l’Etat providence et sans autre ambition que de faire la leçon au monde entier sur ses thèmes de prédilection : égalité, aide aux plus démunis, lutte contre le réchauffement climatique, transition écologique, antiracisme, etc. Je ne nie pas que ces thèmes sont justifiés pour une bonne part, à condition d’employer des méthodes sensées et réalistes pour les réaliser de façon graduée et sans absolu mais ils semblent constituer la seule et unique ambition d’une certaine France d’aujourd’hui qui refuse d’aborder la question de savoir comment au préalable enrichir le pays économiquement d’une autre façon qu’en installant des fonctionnaires partout et en taxant toujours plus ceux qui sont susceptibles de créer des richesses.
    Merci à vous.

  • Sans oublier que 2015 est aussi l’anniversaire contrasté de :

    1215 Magna Carta des Britanniques
    1315 Azincourt
    1515 Marignan
    1815 Waterloo

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